Pourquoi je suis devenue naturopathe à Massy | Mon parcours
Et si on ne devenait pas naturopathe par vocation, mais parce que le corps n’a plus laissé le choix ?
Par Maryam Essamkaoui · Naturopathe holistique à Massy (91)
On imagine souvent les naturopathes comme des personnes qui ont toujours su. Une vocation précoce, une passion pour les plantes depuis l’enfance, un chemin tracé vers le soin depuis le début. Ce récit existe, et il est sincère pour beaucoup de praticien·ne·s.
Ce n’est pas le mien.
J’étais ingénieure en informatique. Mon corps a dit non, très concrètement, un matin où je n’ai pas pu me lever. C’est là que tout a commencé. Ou plutôt, c’est là que j’ai enfin entendu ce que mon corps essayait de me dire depuis l’enfance.
Voilà d’où je viens, et pourquoi ça compte si vous envisagez de me consulter à Massy.
Une enfance entre la terre et l’errance médicale
J’ai grandi en Seine-Saint-Denis, dans une famille d’origine marocaine et tunisienne aux racines paysannes des deux côtés, des familles de fermiers et de bergers. Il y avait un potager, un puits, des lapins, des poules. Une contradiction que je n’ai comprise que bien plus tard : une famille restée profondément liée à la terre, installée en plein 93, qui avait apporté avec elle tout ce qu’elle savait faire. Le fenugrec, le miel, l’argile, l’huile d’olive, les tisanes.
Personne ne savait expliquer pourquoi le couscous combinait la légumineuse et la céréale de façon presque parfaite sur le plan nutritionnel. Ma grand‑mère ne connaissait pas le mot « acides aminés ». Elle savait juste ce qui nourrissait, ce qui soulageait, ce qui réchauffait. La sagesse était dans les mains, pas dans les livres.
Mon corps, lui, a commencé à parler très tôt. De l’eczéma, des insomnies importantes, beaucoup de cauchemars. Une roacée oculaire à un âge où cette maladie était à peine identifiée chez les enfants. Mes parents naviguaient entre la médecine conventionnelle et ce qu’ils connaissaient des méthodes traditionnelles, comme ils pouvaient, comme ils savaient aimer.
L’endométriose est arrivée ensuite, très jeune. À 12 ans, j’étais aux urgences pour des douleurs intestinales. Et pendant des années, des gynécologues, des médecins, m’ont répété que c’était normal d’avoir mal. Cette phrase a fait des dégâts qui ne sont pas seulement physiques. Chaque spécialiste regardait sa pièce du puzzle sans voir l’ensemble. C’est exactement ça, l’errance médicale : ce n’est pas seulement ne pas trouver de réponses, c’est finir par douter de sa propre souffrance.
L’ingénieure qui ne savait plus écouter son corps
J’ai choisi un métier avec la tête, pas avec le corps : ingénieure en informatique, dans un milieu très masculin et très compétitif, où l’épuisement était porté comme une distinction et où la sensibilité n’avait pas sa place.
Je changeais d’entreprise en pensant que l’herbe serait plus verte ailleurs. J’ai même déménagé à Toulouse pour repartir de zéro. Mais ce que je fuyais, je l’emportais avec moi, parce que le problème n’était pas l’endroit. J’étais en mode survie depuis longtemps, presque en apnée, sans le savoir encore.
Je perdais du poids. Je ne dormais plus vraiment. J’étais carencée, extrêmement faible, épuisée d’une façon que le sommeil ne réparait plus.
Le matin où le corps a refusé de se lever
Un matin, je n’ai pas pu me lever. Pas « je n’avais pas envie » : mon corps refusait, concrètement, physiquement, de répondre.
C’était le burnout. Une réponse physiologique, pas seulement un épuisement mental : un stress chronique non régulé dérègle l’axe hypothalamo‑hypophyso‑surrénalien, perturbe les hormones reproductives et favorise l’inflammation chronique.
Sources : PubMed 25560699 · PMC10706127 · PMC12563903.
Et quelque part, ce matin-là, c’était aussi la réponse la plus honnête que mon corps m’avait jamais donnée. Il me disait ce que je n’étais pas capable d’entendre autrement : arrête, on recommence différemment.
Sans le savoir, je devenais naturopathe.
Ce que le Portugal a ouvert
J’ai passé près d’un an et demi à me réparer, à lire, à chercher, à tirer sur une pelote de laine qui n’en finissait pas : pourquoi mon corps était comme ça ? Quelles étaient les causes des causes des causes ? Cette question est devenue le cœur de ma pratique. À ce moment-là, elle était juste la mienne.
Puis il y a eu un voyage au Portugal, et une rencontre inattendue avec un homme qui faisait des soins énergétiques. Il m’a dit des choses que je n’avais pas exprimées à voix haute, et que la voie qui s’ouvrait devant moi, je devais la suivre.
Je me suis formée en naturopathie à l’école Euronature. J’ai découvert une vraie appétence pour les soins manuels, moi qui avais tant de mal à habiter mon propre corps. J’ai continué à me former : la ventousothérapie, le massage énergétique, le TRE. Je lis des études, je valide des formations, et je teste sur moi‑même avant tout. Mon corps et mon être sont mes premiers patients.
Comment je travaille aujourd’hui : la naturopathie causaliste à Massy
Je pratique une naturopathie holistique et causaliste. Ce mot, causaliste, est important : je ne cherche pas à gérer les symptômes, je cherche ce qui les produit. La cause de la cause de la cause.
Quand quelqu’un arrive en consultation à Massy, je prends le temps de retracer le fil avec un outil que j’appelle l’arbre de vie : une cartographie de l’histoire de santé, des événements marquants, des périodes de changement, des symptômes apparus à quels moments et dans quel contexte. Le corps ne parle pas au hasard. Chaque signal a une histoire, et mon travail consiste à apprendre à le lire avec la personne qui consulte.
J’analyse le système nerveux autonome, l’équilibre hormonal, la digestion, l’énergie vitale et l’environnement de vie, jamais séparément. Le corps est un système : ce qui se passe dans l’intestin influence les hormones, ce qui se passe dans le système nerveux influence l’immunité.
Je n’accepte pas tout le monde en consultation. J’échange d’abord, par appel ou par message, pour vérifier que je peux vraiment apporter quelque chose. Si je ne suis pas la bonne praticienne pour la personne, je le dis honnêtement. Et quand j’accepte d’accompagner quelqu’un, je m’engage à 100 %.
Pour qui je travaille, et pourquoi le système nerveux et les hormones se répondent
Je reçois principalement des femmes : des femmes en errance médicale qui ont fait le tour des spécialistes sans trouver de réponse satisfaisante, des femmes en burnout dont le corps a fini par dire non, des femmes dont le système nerveux est bloqué en mode survie depuis si longtemps qu’elles ne se souviennent plus de ce que « aller bien » veut dire, des femmes dont l’équilibre hormonal est déréglé sans explication claire.
Ces profils se ressemblent plus qu’ils ne le croient, parce que le système nerveux et le système hormonal sont intimement liés. Un cortisol chroniquement élevé dérègle l’axe HPA, perturbe les hormones reproductives, ralentit la conversion thyroïdienne et favorise l’inflammation. Le burnout n’est pas qu’un épuisement mental, c’est une dérégulation physiologique profonde, et elle peut se réguler.
Sources : PubMed 25560699 · PMC10706127 · PMC12563903.
Je travaille à Massy et en visio, en consultation naturopathique, en massage énergétique, en Hijama sèche et en TRE. Chaque soin que je propose, je l’ai testé sur moi‑même d’abord.
Ce que je crois, et ce que je ne revendique jamais
Je ne guéris pas. Je veux que ce soit clair.
Ce que je fais, c’est créer l’espace pour que le corps puisse faire ce qu’il sait déjà faire. Le corps sait se guérir, chaque cellule cherche à maintenir la vie. C’est la chose la plus fondamentale que j’aie apprise, et elle contredit tout ce qu’on nous dit quand on souffre sans explication : que quelque chose en nous serait cassé ou défaillant.
Le corps n’est pas un ennemi. Chaque symptôme est un signal, chaque douleur est une information. Quand j’accompagne quelqu’un, je veux que la personne reparte non seulement avec un protocole, mais avec une compréhension différente de ce qui se passe en elle. Que la douleur ne soit plus quelque chose qui lui arrive de l’extérieur, mais quelque chose qui a un sens, qu’on peut déchiffrer et accompagner.
Et je ne veux pas être indispensable. Je veux que les personnes que j’accompagne deviennent autonomes, qu’elles n’aient plus besoin de moi, qu’elles sachent écouter leur corps, lui répondre, lui faire confiance.
Alors non, je n’ai pas toujours su. Je n’ai pas grandi en rêvant de devenir naturopathe. J’y suis arrivée parce que mon corps a refusé de continuer autrement, et que j’ai fini par l’écouter. C’est exactement ça, ma pratique. C’est exactement ça, moi.
Maryam Essamkaoui est naturopathe holistique à Massy (91), praticienne en massage énergétique, Hijama sèche et TRE. Elle accompagne les personnes en errance médicale, fatigue chronique, déséquilibres hormonaux et stress chronique. Consultations au cabinet à Massy ou en visio.

